Collection: Arnold Böcklin
L'artiste de la mort qui fait sourire. (1827-1901)
Arnold Böcklin n'appartient à aucune case. Pas tout à fait romantique, pas tout à fait symboliste, pas tout à fait surréaliste (même si les surréalistes le revendiquent comme un précurseur). De Chirico, Dalí et Max Ernst l'ont unanimement salué comme "un artiste génial et ironique." Et ce n'est pas un compliment anodin venant de ces trois-là.
Il est né à Bâle en 1827 dans une famille de marchands, a étudié à Düsseldorf dans la tradition romantique, puis a passé l'essentiel de sa vie en Italie où il a absorbé la mythologie antique, l'art pompéien, la lumière méditerranéenne et l'huile d'olive délicieuse pour en faire quelque chose de profondément étranger à tout ça.
Ses tableaux sont peuplés de créatures qui n'existent pas : Pan dans les roseaux, des néréides qui jouent dans les vagues, des centaures en furie, une figure de la Peste qui chevauche une faux au-dessus d'une ville vide. Et au milieu de tout ça, une île, son chef d'oeuvre. Cinq fois la même île d'illeurs, peinte et repeinte jusqu'à sa mort.
Ce qui rend Böcklin inclassable, c'est que son œuvre n'est pas sombre par posture. Elle est sombre parce qu'il avait des raisons de l'être.
Böcklin a eu 14 enfants avec Angela Pascucci, qu'il avait épousée à Rome en 1853. 8 sont morts avant lui. Certains en bas âge. Tous avant d'avoir atteint l'âge adulte. Sa fille Béatrice est morte peu après sa naissance alors qu'il vivait à Florence et elle est enterrée au cimetière anglais de cette ville que certains historiens considèrent comme l'une des inspirations possibles de L'Île des morts.
On retient surtout de Böcklin les tableaux sombres : L'Île des morts, La Peste, l'Autoportrait avec la Mort. Mais il y a une autre face de son œuvre que les historiens d'art mentionnent rarement : l'humour.
Böcklin peignait des sirènes espiègles, des tritons qui soufflent dans des conques avec l'air de s'amuser, des faunes qui espionnent des nymphes endormies avec un sourire de gamin. Le Musée d'Orsay notait que son compatriote Félix Vallotton le décrivait comme "hanté de tous les rêves, de toutes les ambitions". Quelqu'un chez qui la fantaisie coexistait avec la morbidité sans que l'une n'annule l'autre. Comme c'est souvent le cas d'ailleurs, si vous n'êtes pas convaincu, lisez Kafka, vous verrez.
Et les surréalistes avaient bien vu ça, c'est ce côté humoristique, caustique même (j'aime bien ce mot donc je le case ici) qui leur a plu. Ils n'ont pas été attirés par le peintre lugubre, ils ont été attirés par le peintre ironique, celui qui peuplait ses tableaux de créatures impossibles avec le sérieux d'un reportage et l'humour d'un petit blagueur C'est ce mélange-là qui est inimitable. La mort jouant du violon derrière le peintre au travail, c'est à la fois terrifiant et absurde. Böcklin avait compris que les deux ne s'excluent pas.
Böcklin est né à Bâle, a étudié à Düsseldorf puis a passé la plus grande partie de sa vie adulte en Italie. Rome d'abord, Florence ensuite, avec des allers-retours réguliers vers Bâle, Munich et Weimar. Il est mort en 1901 à San Domenico di Fiesole, dans les collines au-dessus de Florence.
L'Italie a profondément influencé son travail. Les fresques de Pompéi l'ont beaucoup marqué. On retrouve dans ses compositions la même relation directe entre le personnage et le regard du spectateur.
La lumière méditerranéenne traverse ses paysages même quand il peint des sujets nordiques. Et la mythologie grecque et romaine lui fournissent un vocabulaire visuel qu'il utilise pour créer des atmosphères qui n'appartiennent à aucune époque précise.
C'est ce décalage qui est intéressant, comme ce qu'on disait juste avant sur l'humour dans le tragique. Il représente souvent des créatures mythologiques dans des paysages qui ressemblent à des lieux réels, sous une lumière qui aurait pu exister. Böcklin peint un monde parallèle où l'Antiquité aurait continué d'exister.
À la fin des années 1880, Böcklin est victime d'un accident vasculaire cérébral ,"une maladie apoplectique", disaient les médecins de l'époqu. Il part se reposer sur la côte italienne, à La Spezia, à Lerici, puis finit par s'installer définitivement à Florence en 1893, où il achète une villa pour finir sa vie.
Les 20 dernières années de son œuvre sont les plus sombres et les plus personnelles. Les scènes spectrales se multiplient. La mort comme personnage récurrent. La ruine, la destruction, le crépuscule. C'est dans cette période qu'il peint tous ses memento mori, toutes les œuvres par lesquelles on le connaît aujourd'hui. C'est quand on est le plus proche de la mort qu'on a le plus besoin de s'en rassurer.
Il meurt le 16 janvier 1901, à San Domenico di Fiesole, à 73 ans. Il est enterré au Cimitero Evangelico degli Allori dans la banlieue sud de Florence. Un Suisse de Bâle, enterré en Italie comme il avait vécu, entre deux mondes, sans appartenir vraiment à aucun.
-
Autoportrait avec la Mort jouant du violon
Arnold BöcklinAutoportrait avec la Mort jouant du violon
Arnold BöcklinPrix habituel À partir de 32,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 32,95 € -
L'Île des morts
Arnold BöcklinL'Île des morts
Arnold BöcklinPrix habituel À partir de 32,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 32,95 € -
L'Île des morts (2ème version)
Arnold BöcklinL'Île des morts (2ème version)
Arnold BöcklinPrix habituel À partir de 47,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 47,95 € -
L'île des morts (3ème version)
Arnold BöcklinL'île des morts (3ème version)
Arnold BöcklinPrix habituel À partir de 97,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 97,95 € -
L'île des morts (5ème version)
Arnold BöcklinL'île des morts (5ème version)
Arnold BöcklinPrix habituel À partir de 97,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 97,95 € -
L'Île des morts (version de l'Hermitage)
Arnold Böcklin et Carlo BöcklinL'Île des morts (version de l'Hermitage)
Arnold Böcklin et Carlo BöcklinPrix habituel À partir de 32,95 €Prix habituel0,00 €Prix promotionnel À partir de 32,95 €