Passer aux informations produits
1 de 3

La Grande Odalisque

La Grande Odalisque

Jean-Auguste-Dominique Ingres

1814
Prix habituel 97,95 €
Prix habituel 0,00 € Prix promotionnel 97,95 €
Promotion Épuisé
Taxes incluses. Frais d'expédition calculés à l'étape de paiement.

Choisir le type d'impression

Ajouter un cadre

Choisir le format

Guide des tailles
  • Livraison offerte
  • Retours sous 30 jours
  • Paiement sécurisé

À propos de l'œuvre

Les anatomistes de 1814 ont compté les vertèbres de cette femme et conclu que le peintre lui en avait ajouté deux ou trois de trop. Son dos est trop long, son bras gauche trop court, son bassin tourné dans un angle anatomiquement impossible. Une fois qu'on le remarque on ne peut plus ne pas le voir. 

Ingres savait tout ça, bien sûr. Il a choisi la beauté contre l’exactitude. Et c'est pour ça que ce tableau a scandalisé le Salon de 1814. La nudité, pas de problème, le sujet oriental, pourquoi pas. Mais l'erreur artistique délibérée, ça ne passe pas. Un peintre néoclassique qui trahit le dessin juste au profit de la ligne belle, il n'en fallait pas plus pour inventer le manierisme du corps féminin.

Afficher tous les détails
5 vertèbres de trop

Ingres était un peintre néoclassique, un mouvement fondé sur la précision du dessin, la fidélité à l'Antique et la rigueur anatomique héritée de Raphaël et des Grecs. Donc le Salon de 1814 attendait de lui la perfection technique. Mais il a surpris tout le monde.

Quand le tableau est montré les critiques ricanent. Le dos de cette femme est trop long, impossible, monstrueux. L'un d'eux lance la formule qui collera à la toile pendant 150 ans : elle a « trois vertèbres de trop ». Certains observateurs au Louvre, parle d'un nu « défectueux ». Ingres est accusé de ne pas savoir dessiner un corps.

Et ça va même plus loin, le dos de l'Odalisque est analysé par des scientifiques et ils sont catégoriques : elle n'a pas 3 mais au moins 5 evrtèbres de trop ! En plus, la rotation du bassin et l'angle du bras gauche sont impossibles à réaliser simultanément. Et là vous le voyez venir : ça parait trop gros pour être vrai. Ingres savait dessiner, impossible de commettre une telle erreur.

Et bien effectivement, ce n'est pas une faute, c'est une décision. Ingres a allongé la colonne vertébrale de cette femme volontairement, pour obtenir une ligne souple et ondulante, qui s'étire sans rupture d'un bout à l'autre de la toile. Il a sacrifié la vérité du corps pour la beauté de la courbe. Les critiques croyaient se moquer d'un peintre maladroit. C'était eux qui se trompaient.

L'Orient fantasmé

Le turban, l'éventail de plumes de paon, la pipe à opium, les étoffes lourdes, le harem suggéré. Tout crie "Orient" sur ce tabeau. Et tout est inventé. Oui, encore une fois.

Ingres n'a jamais mis les pieds en Turquie, ni en Égypte, ni nulle part « là-bas ». Son Orient, il l'a fabriqué dans un atelier, à partir de récits, de gravures et de fantasmes. C'est ça, une odalisque : une servante du harem du sultan, transformée en objet de rêverie pour des messieurs européens qui n'ont jamais approché un harem de leur vie. Au début du XIXe siècle, l'Orient est à la mode comme une projection mentale fantasmée. Un ailleurs sensuel et langoureux exactement taillé pour les désirs qu'on n'ose pas s'avouer chez soi.


Ce que peint Ingres n'est donc pas vraiment une femme orientale. C'est plutôt ce que l'Europe veut voir quand elle pense à l'Orient. La toile ne documente absolument rien du monde réel à part ce fantasme collectif un peu malsain que l'Homme s'octoie en regardant l'autre comme un objet exotique.

Ce que Picasso a vu

Picasso a étudié ce tableaue et il s'en est inspiré pour ses transformations cubistes du corps féminin. L'idée qu'un corps peut être représenté dans une posture physiquement impossible mais visuellement cohérente, c'est exactement ce que le cubisme explorera 50 ans plus tard avec d'autres méthodes. Ingres déformait par soucis de beauté. Picasso déformera lui par excès de ... d'angle ? Je ne sais pas trop. En tout cas les deux partaient du même refus : la fidélité anatomique n'est pas la loi suprême de la représentation.

Mauvais timing

Caroline Murat, la sœur de Napoléon et reine de Naples est la commanditaire de ce tableau. C'est une femme de pouvoir, au sommet de la hiérarchie, qui veut un nu de prestige. Ingres s'exécute, termine la toile en 1814.
Raté. Mauvais timing. L'année suivante, Napoléon s'effondre à Waterloo, l'Empire se disloque, et avec lui le royaume de Naples. Les Murat tombent, Caroline perd son trône, et dans la débâcle, Ingres ne sera jamais payé pour son tableau.

Il a peint un nu somptueux pour une reine que l'Histoire a emportée avant qu'elle ne sorte son portefeuille.


Il y a même un fantôme dans cette affaire. L'Odalisque devait avoir un pendant, un autre nu, La Dormeuse de Naples, qui a disparu dans la tourmente de 1815 et qu'on n'a jamais retrouvé. Un tableau jumeau évaporé dans le chaos d'un empire qui s'écroule. La sérénité absolue de la scène et le désastre politique qui l'entoure ne se voient pas ensemble. Les images les plus calmes sont parfois dans les pires tempêtes.

Les filtres Snapchat

Allez une petite rasade de "on pousse le raisonnement un peu trop loin" ça vous tente ? Ingres prend un corps de femme et le déforme, sciemment, pour le rendre plus "beau". Il lisse, il rallonge et il efface la résistance même des os au profit d'une silhouette idéale qui ne peut exister dans aucune réalité. Ça ne vous rappelle rien ? Oui ok j'ai spoilé dans le titre de la section.


C'est un peu la même chose que font aujourd'hui des millions d'images retouchées, de tailles affinées et de membres rallongés d'un coup de doigt sur un écran. La déformation du corps féminin pour coller à un canon de désir n'a pas attendu le numérique. Ingres appliquait déjà des filtres de retouche il y a 200 ans.


Des médecins en 2004 ont d'ailleurs proposé une lecture plus troublante. En éloignant autant la tête du bassin, Ingres aurait creusé un fossé entre les deux : d'un côté un visage lointain, résigné, qui semble penser ailleurs, de l'autre un corps rallongé tout entier voué à sa fonction. La femme et l'objet, séparés par cinq vertèbres. Que ce soit voulu ou non, là n'est pas la question, l'image peut être interprété comme un message très dérangeant sur ce que l'homme attend d'un corps de femme. Il faut qu'il soit là, parfait et disponible, pendant que la femme, elle, regarde au loin.

Pour aller plus loin

✉️ Plus de contenu éditorial disponible par mail

Il reste plein de choses à dire sur cette œuvre qui ne tiennent pas sur une fiche produit. Voilà le genre de choses que je creuse régulièrement dans ma newsletter :

  • Les odalisques qu'il peindra encore, jusqu'à la vieillesse.
  • L'obsession d'Ingres pour Raphaël, et ce qu'il lui doit.
  • Le narguilé au premier plan
  • La beauté justifie-t-elle de trahir le vrai ?
  • Le meilleur livre à lire devant ce tableau.

Entrez votre mail ici si ça vous intéresse

Reproduction de qualité musée

Chaque reproduction est imprimée en giclée à partir de fichiers haute définition, pour une restitution fidèle des couleurs, des textures et des détails de l'œuvre originale.

Les formats sont définis selon les proportions de chaque tableau : portrait, paysage ou carré. Ce que vous accrochez chez vous est le plus proche possible de ce que vous voyez au musée.

Pourquoi choisir Melanchromia ?

Melanchromia Amazon Autres
Impression haute qualité et format conforme à l'œuvre originale
Catalogue sélectif, chaque œuvre en vitrine a du sens
Support client en français
Livraison gratuite
Regard critique et historique sur chaque œuvre
Soutien à la chaîne YouTube dédiée à l'histoire de l'art

Impression d'Art haute qualité

Utilisation d'encres pigmentaires archivales résistantes à l'épreuve du temps.

Papier traité sans additif OBA, garantissant des couleurs constantes et éclatantes sous diverses conditions d'éclairage.

Cette option n'inclue pas de cadre, si vous voulez un produit prêt à être accroché, sélectionnez un cadre ou une toile.

Toile sur châssis

Nos toiles sont conçues avec un mélange de coton et de polyester puis tendues à la main sur un châssis bois massif certifié FSC.

La texture de la toile reproduit le grain de la peinture originale. 4 centimètres d'épaisseur pour un effet professionnel (2 centimètres pour le format 20x30cm par soucis de cohérence des proportions).

Toutes nos toiles sont fournies avec un kit de suspension pour un accrochage facile.

Cadre noir mat

Nos cadres sont en bois de chêne naturel avec une finition graphite mat, pour un rendu sobre et élégant que l'on retrouve en galerie.

Le verre anti-reflet protège l'impression tout en garantissant une lisibilité parfaite de l'œuvre.

Chaque cadre est livré avec un kit de suspension pour un accrochage facile.

  • LIVRAISON GRATUITE

    Livraison offerte en France, Belgique et Suisse. Fabrication et expédition en 5 à 10 jours ouvrés.

    Politique d'expédition 
  • SAV EFFICACE

    Service après vente réactif et disponible pour toutes demandes. Conversation par email en français garanti sans IA.

    Contact 
  • RETOURS REMBOURSÉS

    Vous n'êtes pas satisfait ? Nous acceptons les retours sans condition dans les 14 jours suivant la réception.

    Politique de retour 
1 de 3