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La Destruction de Sodome et Gomorrhe

La Destruction de Sodome et Gomorrhe

— 1852
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À propos de l'œuvre

Dans cette histoire, il n’y a qu’une seule règle : ne pas se retourner. Selon la Genèse, Dieu a décidé de rayer de la carte Sodome et Gomorrhe, deux cités jugées perdues, et il n’épargne qu’une famille, celle de Loth. À l’aube, des anges les font sortir de la ville en leur donnant une consigne très simple : fuyez vers la montagne et ne regardez pas derrière vous. Sa femme regarde quand même, et elle est changée en statue de sel.

John Martin peint cette scène en 1852, deux ans avant sa mort, sur une toile de plus de deux mètres de large. Il y fait ce qu’il sait faire mieux que personne : rendre les hommes minuscules. Le ciel tourbillonne, les villes disparaissent dans un rouge de fournaise, et les silhouettes qui fuient ont l’air de grains de poussière face à la colère divine. On ne peut pas s’empêcher de regarder, un peu comme ces images de catastrophes qu’on fait défiler sans réussir à s’arrêter.

C’est une toile pour ceux qui aiment se poser un mur de questions. Qu’est-ce qu’on a le droit de regretter ? Qu’est-ce qu’il faut laisser brûler derrière soi ? Est-ce bien juste de punir une ville entière ? Dans un bureau, une bibliothèque ou un salon aux teintes sombres, ses rouges font l’effet d’un feu de cheminée qui aurait très mal tourné. Ce tableau a toute sa place dans la La Fureur du Monde, aux côtés des peintres qui ont fait de la destruction un art. 

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Le mépris de classe

En 1852, Martin a 62 ans quand il envoie cette toile à la Royal Academy, une institution qui l’a toujours tenu un peu à distance. Il faut dire que la critique ne l’épargne pas. Ruskin, un des critiques d'art les plus en vue de ce temps, voit en lui une sorte d’ouvrier qui empile les effets de grandeur. Un imposteur qui veut faire du grandiose avec pas grand chose. Derrière ce mépris esthétique, les historiens repèrent aujourd’hui un mépris de classe assez net envers John Martin. En effet il a grandi dans les quartiers de Northumberland, il a été formé dans l’industrie et surtout il est adoré du grand public. Un vulgaire "artiste populaire" qui n'a rien à faire parmi l'élite victorienne de l'époque.

Ce que Martin ne peut pas savoir, c’est que cette oeuvre sera le dernier de ses tableaux accroché aux murs de l’Académie pendant un siècle entier, jusqu’en 1951. Lui a déjà la tête ailleurs, dans les trois immenses toiles du Jugement dernier. C’est en y travaillant qu’une attaque le paralyse en novembre 1853, et il meurt en février suivant, sans se douter du purgatoire qui l’attend.

Une oeuvre sauvée de l'oubli

Après la mort de Martin, le goût change et la cote de ses toiles s’effondre avec une rapidité qui donne le vertige. La Chute de Babylone, vendue 68 livres en 1917, part pour à peine plus de 2 livres vingt ans plus tard. Le triptyque du Jugement dernier, trouve preneur en 1935 pour moins de 7 livres.

Pendant ce temps, La Destruction de Sodome et Gomorrhe reste dans un manoir du Northumberland, la région natale du peintre, loin des modes londoniennes. En 1929, son propriétaire, l’armateur J. F. Weidner, ancien lord-maire de Newcastle, la prête au Laing Art Gallery. C’est là que quelque chose se rallume : des lettres arrivent au musée pour réclamer une exposition, signaler d’autres Martin oubliés chez des collectionneurs du coin et se plaindre qu’on ne les apprécie pas à leur juste valeur.

L’exposition finit par voir le jour en 1951, avec près d’une centaine d’œuvres et plus de 40 000 visites. Dans la foulée, la famille Weidner offre définitivement le tableau au musée.

C'est donc ce tableau qui a sauvé l'intégralité de l'oeuvre de John Martin de tombé dans un oubli injuste.

La famille d'Anne Frank

 Si Martin est sorti de l’oubli, il le doit aussi à un couple de marchands londoniens, Robert et Charlotte Frank. Réfugiés de l’Allemagne nazie, ils ouvrent leur galerie à Londres en 1933, et ce sont l’oncle et la tante d’Anne Frank. À partir de 1945, Robert traque les toiles de Martin, les rachète et les fait nettoyer avec un soin que plus personne ne leur accordait. Au même moment, le président du principal fonds britannique d’aide aux acquisitions parle encore de lui comme de « Mad Martin ».

Pour l’exposition de Newcastle en 1951, le couple prête à lui seul près de la moitié des œuvres. Ce qui me fascine, c’est que leur goût a laissé une trace durable. Les Frank préféraient le Martin spectaculaire, celui des catastrophes, et ils ont pesé sur ce que les musées ont acheté et montré. L’image qu’on a aujourd’hui de Martin, peintre de l’apocalypse et rien d’autre, c’est donc en partie la leur. Ce tableau, qu’on aime précisément pour ses flammes, est exactement le genre de Martin qu’ils défendaient.

Le frère pyromane

Difficile de regarder ce feu tombé du ciel sans penser à Jonathan, le frère aîné du peintre. En février 1829, ce prédicateur exalté se cache dans la cathédrale d’York après l’office du soir. Il entend des voix depuis des années et il est convaincu d'être chargé d'une mission divine. Alors il met le feu aux boiseries du chœur, qui est entièrement détruit.

John aide à payer sa défense, mais Jonathan est jugé fou et passe le reste de sa vie à l’asile de Bethlem. Il y dessine beaucoup, et notamment la destruction de Londres. Je ne dis pas que Sodome est un tableau sur Jonathan, parce que rien ne permet de l’affirmer. Mais quand votre propre frère a cru exécuter lui-même la colère divine, vous savez sans doute mieux que personne ce que ce genre de feu peut faire dans une tête, et ça change un peu la façon dont on regarde ces flammes.

Toucher la fin du monde

 Au Laing Art Gallery, ce tableau a un double : une version en bronze, conçue pour être lue avec les mains et commandée pour la galerie des XVIIIe et XIXe siècles. L’atelier qui l’a réalisée a fait un choix intéressant. Plutôt que de traduire fidèlement les volumes, il a exagéré la profondeur de certaines zones pour que le drame de la scène passe sous les doigts.

Je trouve que ça dit quelque chose de Martin. Sa peinture repose presque entièrement sur l’espace, sur cette sensation d’immensité où les silhouettes deviennent minuscules face à la catastrophe. Il a donc fallu creuser et bomber le métal pour rendre au toucher ce que l’œil ressent tout de suite. Si vous passez par Newcastle et que le bronze est toujours en salle, c’est probablement la seule occasion de votre vie de poser la main sur la fin du monde.

Customer Reviews

Overall rating: 4.8 / 5 from 12 reviews.

Customer photo review of Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Rien à redire sur la qualité du tableau, le rendu est vraiment magnifique ! Cependant, la livraison a été catastrophique. Le colis a été jeté derrière le portail. En rentrant chez moi, j'ai failli rouler dessus et je me suis arrêté au dernier moment... À deux doigts du massacre ! Pourtant, je précise qu'il y avait un portillon permettant de déposer le colis correctement. Résultat, le cadre présente trois accrocs, c'est vraiment dommage... Je partage cette expérience ici, car je n'ai pas trouvé d'enquête de satisfaction concernant la livraison avec UPS. J'espère que ce retour pourra être pris en compte afin d'améliorer ce point !

Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Store owner replied: Merci pour votre retour, je suis consterné par la façon dont votre colis a été traité, surtout avec la mention "fragile" qui est apposée dessus ... Vraiment désolé pour ça, je fais remonter votre cas auprès de la société de livraison.

Customer photo review of Le Voyageur contemplant une mer de nuages

C'est super que l'impression soit vraiment fidèle à l'original en terme de teinte et contrastes (comme promis sur le site). Je m'y attendais pas mais on voit aussi les craquelures de peinture, même si elles ne sont plus visibles à une certaines distance (comme le grain de la toile) donc parfait. Content de cet achat qui me donne même envie d'avoir une vraie reproduction peinte sur toile, mais de toute façon ce n'était pas dans mon budget pour l'instant ;)

Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Très beau tableau. Je n’ai pas eu de soucis avec la livraison pour ma part. Au passage, Merci pour ce que vous faites !

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très bien - belle réalisation merci

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Impressions de qualité, sur châssis de qualité! Emballage impeccable

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Cette option n'inclue pas de cadre, si vous voulez un produit prêt à être accroché, sélectionnez un cadre ou une toile.

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Nos toiles sont conçues avec un mélange de coton et de polyester puis tendues à la main sur un châssis bois massif certifié FSC.

La texture de la toile reproduit le grain de la peinture originale. 4 centimètres d'épaisseur pour un effet professionnel (2 centimètres pour le format 20x30cm par soucis de cohérence des proportions).

Toutes nos toiles sont fournies avec un kit de suspension pour un accrochage facile.

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Nos cadres sont en bois de chêne naturel avec une finition graphite mat, pour un rendu sobre et élégant que l'on retrouve en galerie.

Le verre anti-reflet protège l'impression tout en garantissant une lisibilité parfaite de l'œuvre.

Chaque cadre est livré avec un kit de suspension pour un accrochage facile.

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